Quand tout va mal, on a besoin de se confier. Mais on veut aussi recevoir des conseils pour atténuer ses douleurs.
Ce genre de service existe au Centre Manasoa, un centre de santé du Rotary Club Ivandry.
Cet endroit dispose d’une clinique juridique qui traite les cas de violences à l’encontre des mineures et des femmes.
Dans ce quartier, les femmes subissent. Petites et grandes endurent la violence des hommes. D’après Bakoly Rabezanahary, une des responsables de cette clinique, elle reçoit des jeunes filles entre neuf et onze ans, victimes de viol perpétré par leur père et/ou oncle. Les mères n’osent pas dénoncer les actes odieux de leur mari par honte de la société et par peur de celui-ci.
Le centre offre des soins et des conseils aux victimes et leur propose de révéler la vérité au grand jour voire de référer le dossier jusqu’au tribunal.
Le problème reste que les mères refusent de dénoncer ce genre de situation car c’est perçu comme étaler et la vie privée de leur petite famille.
Non à la planification familiale
Cette clinique juridique propose divers autres services.
Les responsables effectuent une descente sur terrain, un porte-à-porte pour constater de visu la réalité vécue des victimes. La plupart du temps, les conditions de vie précaires et la promiscuité favorisent les actes de violences.
«Vous n’imaginerez jamais que dans une pièce, jusqu’à dix personnes dorment ensemble. Il n’est donc pas surprenant d’envisager que le père après avoir eu un rapport sexuel avec la mère se retourne et le fait avec sa propre fille», a raconté Bakoly Rabezanahary.
Les femmes environnant ce centre se plaignent des agissements de leur mari surtout lorsqu’ils sont au courant que leurs épouses optent pour les produits contraceptifs. Certaines d’entres elles les utilisent en cachette car si les maris le découvrent, ils croient que celles-ci les trompent et ils préfèrent avoir des aventures extraconjugales. En d’autres termes, ces femmes ne jouissent pas des droits de disposer de leurs corps comme elles l’entendent.
Le centre organise ainsi deux fois par semaine des sessions proposées aux maris et femmes pour discuter ensemble de ce qu’est le genre, les droits de la femme, comment les respecter…
Activités Génératrices de Revenus
Par ailleurs, le centre éduque les femmes. Elles dépendent matériellement et financièrement de leurs maris et sont obligées de supporter les coups et autres formes de violences.
Les membres de la clinique les incitent donc à se consacrer aux activités génératrices de revenus pour devenir autonomes pour ne pas rester oisives (exemple : aménager un jardin potager dans leur cour et vendre les produits récoltés pour s’en servir comme fonds de démarrage d’une activité plus tard).
Ces femmes bénéficient également d’une éducation nutritionnelle laquelle les montre comment cuire les légumes, exploiter les fruits de plusieurs façons pour que la nourriture soit nutritive et saine.
Ce centre sert les quartiers de Farango, Ambodivoanjo, Ambohijatovo et Amoron’i Masay.
{Témoignage recueilli(e) par : Falbala - 12-08-2008} sur www.ampela.net